Schizophrénie : symptômes positifs et négatifs, le cours de psychopathologie (psycho)
La schizophrénie est un trouble psychotique qui touche la perception, la pensée, les émotions et le comportement. On en décrit classiquement les symptômes en deux grands groupes : les symptômes positifs, qui s'ajoutent au fonctionnement habituel, comme les hallucinations et les idées délirantes, et les symptômes négatifs, qui correspondent à une diminution de fonctions, comme l'émoussement affectif ou le manque de motivation. On y ajoute la désorganisation de la pensée et du comportement.
Cet article présente le contenu de cours de psychopathologie de L2. Il ne permet en aucun cas de se diagnostiquer ou de diagnostiquer un proche : cela relève d'une évaluation par un professionnel de santé.
Histoire du concept
Emil Kraepelin décrit à la fin du XIXe siècle la « démence précoce », un trouble débutant chez l'adulte jeune et évoluant vers une détérioration. Eugen Bleuler propose en 1911 le terme de schizophrénie, pour souligner une dissociation entre les fonctions psychiques plutôt qu'une démence, et constate que l'évolution n'est pas toujours défavorable. Ces deux auteurs fondent la description moderne du trouble.
Les symptômes positifs
Les hallucinations sont des perceptions sans objet ; les hallucinations auditives, comme entendre des voix qui commentent ou dialoguent, sont les plus fréquentes. Les idées délirantes sont des croyances fermement maintenues malgré des preuves contraires, par exemple d'être persécuté ou contrôlé de l'extérieur. On les appelle positives parce qu'elles s'ajoutent à l'expérience normale, sans jugement de valeur.
Les symptômes négatifs et la désorganisation
Les symptômes négatifs correspondent à un appauvrissement : émoussement de l'expression émotionnelle, pauvreté du discours, diminution de la motivation et de l'initiative, retrait social, diminution du plaisir anticipé. Ils sont souvent plus discrets mais pèsent lourdement sur la vie quotidienne. La désorganisation touche le discours, qui peut devenir difficile à suivre, et le comportement. Des troubles cognitifs, notamment de l'attention et de la mémoire de travail, sont aussi fréquents.
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Ce que dit le DSM-5-TR
Le diagnostic, posé par un professionnel, repose dans le DSM-5-TR sur la présence d'au moins deux symptômes caractéristiques pendant une part importante d'un mois, dont au moins un parmi les idées délirantes, les hallucinations ou le discours désorganisé, avec des signes du trouble persistant au moins six mois et un retentissement sur le fonctionnement. Le manuel indique une prévalence sur la vie d'environ 0,3 à 0,7 %, avec un début le plus souvent à la fin de l'adolescence ou chez l'adulte jeune.
Les modèles explicatifs
L'hypothèse dopaminergique relie les symptômes positifs à une hyperactivité de la dopamine dans certaines voies cérébrales ; les antipsychotiques, qui bloquent les récepteurs D2, réduisent surtout ces symptômes. Elle explique mal les symptômes négatifs et cognitifs, ce qui a conduit à des modèles plus intégratifs. Le modèle vulnérabilité-stress de Zubin et Spring (1977) propose qu'une vulnérabilité, en partie génétique et neurodéveloppementale, se combine à des facteurs de stress pour déclencher les épisodes.
La prise en charge
Elle associe en général un traitement antipsychotique, une psychoéducation du patient et de son entourage, une réhabilitation psychosociale qui travaille l'insertion et les habiletés sociales, et des thérapies cognitives et comportementales adaptées aux symptômes psychotiques. L'évolution est variable : une partie des personnes connaît une rémission durable, d'autres une évolution plus chronique.
Les pièges en partiel
Confondre schizophrénie et trouble dissociatif de l'identité : la schizophrénie n'est pas une « personnalité multiple ».
Penser que « positif » signifie favorable.
Attribuer l'efficacité des antipsychotiques à tous les symptômes : ils agissent surtout sur les symptômes positifs.
Oublier le modèle vulnérabilité-stress.
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Sources
American Psychiatric Association (2022). « Diagnostic and statistical manual of mental disorders, fifth edition, text revision (DSM-5-TR) ». APA Publishing.
Bleuler, E. (1911). « Dementia praecox oder Gruppe der Schizophrenien ». Deuticke.
Zubin, J. et Spring, B. (1977). « Vulnerability : A new view of schizophrenia ». Journal of Abnormal Psychology, 86(2), 103-126.
Howes, O. D. et Kapur, S. (2009). « The dopamine hypothesis of schizophrenia : Version III, the final common pathway ». Schizophrenia Bulletin, 35(3), 549-562.
Questions fréquentes
Quels sont les symptômes positifs de la schizophrénie ?
Ce sont les symptômes qui s'ajoutent au fonctionnement habituel, principalement les hallucinations, le plus souvent auditives, et les idées délirantes, comme la conviction d'être persécuté ou contrôlé. Le terme « positif » désigne cet ajout et ne signifie pas qu'ils seraient favorables.
Quels sont les symptômes négatifs de la schizophrénie ?
Ce sont des diminutions de fonctions : émoussement de l'expression émotionnelle, pauvreté du discours, baisse de la motivation et de l'initiative, retrait social, diminution du plaisir anticipé. Plus discrets que les symptômes positifs, ils pèsent souvent davantage sur la vie quotidienne et répondent moins aux médicaments.
Quelle différence entre schizophrénie et trouble dissociatif de l'identité ?
La schizophrénie est un trouble psychotique marqué par des hallucinations, des idées délirantes, une désorganisation et des symptômes négatifs. Le trouble dissociatif de l'identité, appelé autrefois personnalité multiple, implique la présence de plusieurs états d'identité distincts. Ce sont deux troubles différents, souvent confondus à tort.
Qu'est-ce que l'hypothèse dopaminergique ?
C'est l'hypothèse selon laquelle les symptômes positifs de la schizophrénie sont liés à une hyperactivité de la dopamine dans certaines voies cérébrales. Elle s'appuie sur l'effet des antipsychotiques, qui bloquent les récepteurs D2. Elle explique mal les symptômes négatifs et cognitifs, ce qui a conduit à des modèles plus larges.
Qui a décrit la schizophrénie ?
Emil Kraepelin l'a décrite à la fin du XIXe siècle sous le nom de démence précoce. Eugen Bleuler a proposé en 1911 le terme de schizophrénie, pour souligner une dissociation des fonctions psychiques plutôt qu'une détérioration inévitable. Leurs travaux fondent la description moderne du trouble.