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Analyse fonctionnelle en TCC : la grille SECCA avec un cas corrigé (psycho)

    À quoi sert l'analyse fonctionnelle en TCC, les grilles SORC, BASIC IDEA et SECCA, et un cas fictif d'évitement des oraux analysé pas à pas jusqu'aux objectifs de travail.

    L'analyse fonctionnelle est la démarche d'évaluation propre aux thérapies comportementales et cognitives (TCC) : elle décrit, dans une situation concrète, l'enchaînement entre ce qui déclenche un comportement problème, les pensées et les émotions qui l'accompagnent, le comportement lui-même et les conséquences qui le maintiennent. Elle ne pose pas un diagnostic : elle explique comment un problème fonctionne ici et maintenant, pour choisir les leviers d'intervention.

    C'est un exercice fréquent en L1 de psycho clinique. Voici les grilles à connaître, puis un cas fictif corrigé pas à pas.

    Pourquoi « fonctionnelle » ?

    L'analyse s'intéresse à la fonction d'un comportement, c'est-à-dire à ce qu'il produit pour la personne, même quand il est coûteux. Un évitement qui handicape la vie peut être maintenu parce qu'il soulage immédiatement l'angoisse : c'est un renforcement négatif. Comprendre cette fonction permet de comprendre pourquoi le problème persiste malgré les efforts de la personne.

    Les grilles à connaître

    • SORC (Kanfer et Saslow, 1965) : Stimulus, Organisme, Réponse, Conséquences. La grille fondatrice, d'inspiration comportementale.

    • BASIC IDEA, dérivée du BASIC ID de Lazarus (1973) : une grille multimodale qui passe en revue le comportement, l'affect, les sensations, l'imagerie, les cognitions, les relations interpersonnelles et la biologie.

    • SECCA, de Jean Cottraux : Situation, Émotion, Cognition, Comportement, Anticipation. C'est la grille la plus utilisée en France ; l'anticipation désigne ce que la personne prévoit avant la situation, qui l'alimente en retour.

    L'analyse comporte deux volets. L'analyse synchronique décrit le fonctionnement actuel du problème dans une situation type. L'analyse diachronique le replace dans l'histoire de la personne : facteurs de prédisposition, événements déclenchants, facteurs de maintien.

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    Le cas fictif : Sarah et les oraux

    Cette vignette est fictive et sert uniquement d'exercice. Sarah, 20 ans, étudiante en deuxième année, consulte parce qu'elle a manqué deux exposés oraux ce semestre. La veille de chaque oral, elle dort mal ; le matin, elle a la gorge serrée et le cœur qui s'accélère. Elle a fini par ne pas se présenter, en envoyant un certificat. Elle se décrit comme « nulle à l'oral » depuis le collège, où un exposé s'était mal passé devant la classe.

    Le corrigé : l'analyse synchronique avec SECCA

    • Situation : un exposé oral prévu devant le groupe de travaux dirigés.

    • Anticipation : la veille, elle imagine le trou de mémoire et les regards moqueurs ; elle prédit l'échec.

    • Émotion : anxiété intense, honte anticipée ; sensations physiques de gorge serrée et de palpitations.

    • Cognitions : « je vais bafouiller », « ils vont voir que je suis nulle », « je ne supporterai pas ».

    • Comportement : évitement, puisqu'elle ne se présente pas et envoie un certificat.

    • Conséquences : à court terme, soulagement immédiat de l'anxiété, qui renforce négativement l'évitement ; à long terme, notes pénalisées, croyance « je suis nulle à l'oral » confirmée, anxiété accrue au prochain oral.

    L'analyse diachronique et les objectifs

    Sur le plan historique, l'exposé raté au collège peut être vu comme un événement déclenchant, sur un fond de sensibilité au jugement d'autrui. Le facteur de maintien principal est l'évitement, qui empêche Sarah de constater que l'oral peut bien se passer. On en tire des objectifs opérationnels plutôt que vagues : non pas « ne plus avoir peur », mais « présenter un exposé de cinq minutes devant le groupe en restant jusqu'au bout ».

    Les leviers en découlent : une exposition graduée, de la lecture à voix haute devant une personne jusqu'à l'exposé réel, et une restructuration des pensées catastrophistes. Toute vraie prise en charge relève évidemment d'un professionnel ; l'exercice de licence vise seulement à montrer que tu sais articuler la grille, la fonction du comportement et les objectifs.

    Les pièges en partiel

    • Confondre analyse fonctionnelle et diagnostic.

    • Oublier les conséquences à court terme, qui expliquent le maintien du problème.

    • Formuler des objectifs vagues au lieu d'objectifs observables et mesurables.

    • Ne remplir que la partie synchronique sans l'histoire de la personne.

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    Sources

    Kanfer, F. H. et Saslow, G. (1965). « Behavioral analysis : An alternative to diagnostic classification ». Archives of General Psychiatry, 12(6), 529-538.

    Lazarus, A. A. (1973). « Multimodal behavior therapy : Treating the BASIC ID ». Journal of Nervous and Mental Disease, 156(6), 404-411.

    Cottraux, J. (2020). « Les psychothérapies cognitives et comportementales » (7e éd.). Elsevier Masson.

    Skinner, B. F. (1953). « Science and human behavior ». Macmillan.

    Questions fréquentes

    Qu'est-ce que l'analyse fonctionnelle en TCC ?

    C'est la démarche d'évaluation des thérapies comportementales et cognitives. Elle décrit, dans une situation concrète, les liens entre le déclencheur, les pensées, les émotions, le comportement et ses conséquences, pour comprendre comment un problème se maintient et choisir les techniques d'intervention. Ce n'est pas un diagnostic.

    Que veut dire SECCA ?

    SECCA signifie Situation, Émotion, Cognition, Comportement, Anticipation. C'est la grille d'analyse fonctionnelle de Jean Cottraux, la plus utilisée en France. L'anticipation désigne les pensées et attentes qui précèdent la situation et l'alimentent en retour, ce qui en fait un modèle circulaire.

    Quelle différence entre analyse synchronique et diachronique ?

    L'analyse synchronique décrit le fonctionnement actuel du problème dans une situation type, ici et maintenant, avec une grille comme SECCA. L'analyse diachronique replace ce problème dans l'histoire de la personne : facteurs de prédisposition, événements déclenchants et facteurs de maintien au fil du temps.

    Qu'est-ce que la grille SORC ?

    C'est la grille fondatrice de l'analyse fonctionnelle, proposée par Kanfer et Saslow en 1965 : Stimulus, Organisme, Réponse, Conséquences. Elle décrit ce qui précède le comportement, les caractéristiques de la personne, le comportement lui-même et ce qui le suit et le maintient.

    Pourquoi les conséquences à court terme sont-elles importantes ?

    Parce qu'elles expliquent souvent le maintien d'un comportement problème. Un évitement soulage immédiatement l'anxiété, ce qui le renforce négativement, même si ses conséquences à long terme sont négatives. Repérer ce bénéfice immédiat permet de comprendre pourquoi le problème persiste et de choisir l'intervention.

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